Méru et son histoire

Méru d'hier et d'aujourd'hui : Histoire de Méru

Eglise rénovée de Méru

 

Les origines

Mérudium, Mairiu, Matrius, Méruacum... l'origine du nom de Méru se perd dans les méandres de l'histoire, mais semble remonter à l'âge celtique.

Par ailleurs, les fouilles menées sur le site de la station d'épuration ont confirmé la présence d'habitats datés du haut empire gallo-romain au IIème siècle après J.C.

Des différentes tribus qui occupaient les lieux, l'on peut retenir les Bellocassi dans la partie Sud et Ouest du canton de Méru et les Silvanectes qui occupaient la partie Est.



Fouilles : vases L'époque romaine Après la conquête de Jules César, la région fit partie de la province de Belgique (Gaulle transalpine).

Au IVème siècle, sous Dioclétien, la contrée resta dans la seconde Belgique dont Reims était la métropole; Méru se trouve alors presque à cheval sur la voie romaine allant de Beauvais à Pontoise et Paris.

Cette voie est connue sous le nom de " Chemin de la Reine Blanche ".

Le Moyen Age

Après la mort de Clovis, la région de Méru entre dans le royaume de Paris. En 626, Méru est donnée à l'abbaye royale de Saint Denis.

En 862, Charles le Chauve confirme la donation de "Mairiu".

Toujours au IXème siècle, la région est ravagée par les normands ce qui explique la présence de certains souterrains.

Ensuite, la Ville appartint aux Comtes de Beaumont jusqu'en 1191, époque à laquelle elle obtint une charte de coutumes, premier pas vers la reconnaissance communale.

En 1331, lors du recensement de la population l 'on compte 180 feux à Méru, à titre comparatif, Bornel en a 80 et Lardières 50. Lors des Jacqueries, en 1358, Méru est brûlée et rasée.

La Renaiss
Armoiriesance

En 1521, Méru est reliée au domaine des Montmorency.

En 1582, Méru est incorporée au bailliage de Beauvais créé par Henri III.

Ensuite, des dernières années du XVIIème siècle et pendant la plus grande partie du XVIIIème les princes de Conti et leurs descendants possèdent le bourg.

De leur château, il ne reste aujourd'hui qu'une Tour dite "la Tour des Conti" que la ville et le District ont inscrit à leur programme de restauration.

Armoiries Louis XVIII

La première municipalité (1787 - 1788)

La municipalité de Méru, créée par l 'élection de 1787 tient sa première réunion le 7 avril 1788.

Le presbytère du curé Mullot sert de maison commune.

Le premier élu est Louis-Auguste Mouflette. A cette époque Méru compte 400 foyers.


La deuxième municipalité

L'élection du premier Maire a lieu le 9 février 1790.

Danse de Boulaine est élu, mais démissionne dès le 14 février.

Jean-François Mouflette devient alors le nouveau Maire de la Ville.

Le 26 septembre 1839, le conseil municipal de Méru décide de reconstruire la halle (actuel hôtel de ville).
Cliquez ici Les Archives de la Mairie de Méru pour voir les archives de la Mairie de Méru.

Sources : Méru au fil des ans - Pierre Bisset


L'industrie locale

Au Moyen Age

les tabletiers ne fabriquaient que des tablettes pour écrire.

Cette unique fabrication ne suffisait pas pour survivre, cette corporation s'associa avec les pigniers, fabricants de peignes et les déciers, fabricants de dés et d'échiquiers.

D'alliance en alliance, jusqu'à la révolution, les tabletiers étendent et définissent leurs statuts. Ils peuvent ainsi travailler la baleine, l'écaille, l'ivoire, l'os, la corne, les bois (ébène, palissandre), la nacre...Eventail

Ils obtiennent aussi le droit de fabriquer 4 catégories d'objets : des objets usuels (peignes, éventails), des objets religieux (croix, christ), des boîtes (tabatières...) et des jeux : dominos, damiers, fiches... Dans l'Oise, on estime que le travail de la tabletterie a débuté dans la seconde moitié du XVIIème.

L'amorce d 'un véritable développement s 'effectue au XVIIIème siècle. Mais cette activité de luxe subit les effets des récessions économiques et des guerres. Pourtant à la veille de la révolution, 1200 ouvriers sont employés dans la région de Méru, ils seront près de 4000 au début du XIXème siècle.


De 1830 à 1890 : Une période d'intense activité.

C'est l'époque faste de la tabletterie de luxe. La ville de Méru se spécialise au début du XIXème siècle dans la petite tabletterie dite dominoterie (dés, dominos, touches pour piano...).

Par ailleurs, la production du bouton connaît un certain développement et tend à la fin du siècle à supplanter les fabriques de tabletterie.


Les années 1880 à 1920 : L'essor d'une nouvelle activité, la boutonnerie de nacre.

La tabletterie connaît une récession: évolution de la commercialisation, mécanisation... Par contre, la boutonnerie connaît un véritable essor qui s'accompagne d'une phase d'industrialisation.

La ville de Méru et le village d'Andeville restent les principaux fiefs de ce développement. A Méru, en 1905, on recense 54 boutonneries.

Par ailleurs, le nombre d'ouvriers tabletiers et boutonniers passe de 7400 en 1885 à 10000 en 1909.


Des années 20 à nos jours : Essor et déclin.

L'essor de l'industrie est interrompue par la guerre de 1914. La crise s'aggrave dans les années 30 avec la dévaluation du franc, les nouvelles charges sociales et la concurrence.

Après la guerre de 1939, et à la fin des années 50, c 'est l'avènement du polyester.

Très rapidement, il y a surproduction de boutons en plastique et les prix de vente s'effondrent : 15 établissements ferment et licencient 1 500 ouvriers.

En 1960, la ville de Méru ne comptabilise plus que 320 emplois.

Dans les années 80, le découpage de la nacre est délocalisé en Asie. Les boutons sont importés finis.

Aujourd'hui, il reste à Méru et Amblainville 2 boutonneries de nacre qui totalisent 30 emplois au maximum.

Sources : Laurence Bonnet in " La nacre, la tabletterie, le bouton, l'éventail ". Éditeur : District des Sablons.